
Petits échos de la
Sérénissime,
Sommaire :
Sources : pour en savoir (peut être) plus.
118 îlots reliés entre eux par 446 ponts en
fer, pierre et bois.
180 canaux.
500 palais
Environ 100
églises
Superficie de
7km².
Carte d’identité :
Nom en
italien :Venezia
Rôle
politique : capitale régionale de la Vénétie
Superficie
de la commune : 160 km² et 413km² avec la lagune.
Densité :
1719 habitants par km²
Population :
65 700 pour la ville elle-même
275 000
avec les îles et la terre ferme.
Maire :
depuis 2000, Paolo Costa
Economie : tourisme mais
aussi activités industrielles (pétrochimie, métallurgie, construction navale) mais
également artisanat dans les îles de Burano (dentelle) et Murano (Verrerie).
Le pont de la Liberté accroche
Venise au continent. Il repose sur cent vingt deux arcades.
La Ville fut fondée le 25 avril
421, (notez la précision !) le jour de la Saint Marc .Les peuples de la
province s’installèrent sur les îlots instables de la lagune pour fuir les
invasions barbares.
Venise a été définitivement
rattachée à l’Italie en 1866.
Info catastrophe : la ville s’enfonce de 2 mm
à 1 cm par an.
Le
4 novembre 1966, les vénitiens vécurent une « acqua alta » des plus
terribles. La hauteur de l’eau dépassa 194 centimètres du point zéro du
marégraphe de la Salute .La place Saint Marc était noyée sous 1,24 mètre d’eau
de mer.

Le Lion ailé de Saint Marc
L’animal de Saint Marc est le
symbole officiel de la ville, représentant la puissance de Venise. Le lion
tient entre ses pattes le livre des Evangiles où sont marqués le mots que
prononça l’ange à Saint Marc lors de son rêve. . Lorsque le livre est fermé,
l’effigie a été exécutée alors que
Venise était en temps de paix. En ville, les évangiles sont rarement fermés. Cherchez
bien, vous trouverez une multitude de lions ailés ou non, sur les façades des maisons.
Les pigeons.
Peut on évoquer Venise sans parler
de ses pigeons ?
Une vieille légende raconte que
les pigeons de San Marco descendraient des bandes d’oiseaux qui suivirent les
émigrés d’Oderzo, chassés par les barbares. Jusqu’en 1797, un employé de
l’administration des greniers publics faisait jeter aux pigeons une certaine
quantité de grain sur la piazza et la piazzetta.
Santa Maria della Salute.
Cette église a été édifiée pour remercier
la Vierge d’avoir sauver le peuple de Venise pendant l’épidémie de peste de
1630 et 1631 .Salute se traduit par santé. L’édifice repose sur une forêt
de 17000 pilotis. De style baroque, elle est l’œuvre de l’architecte Baldassare
Longhena.
L’ Accademia
La Scuola Santa Maria della Carita fut fondée en 1260
Elle fut transformée en musée en 1807 et pris
le nom d’Accadémia .Le musée est ouvert
au public depuis le 10 08 1817 et regroupe une magnifique collection exposant,
sur 25 galeries, toute l’histoire de la peinture vénitienne.
Avant d’avoir une activité exclusivement
artistique, un couvent des chanoines du Latran y été installés.
Le campo della Carita était autrefois un lieu
isolé de pèlerinage.
Dans l’ancienne église, la présentation de
la Vierge par Titien, (1538) n’a jamais
quitté la salle dell’ albergo pour laquelle elle avait été peinte.

De
l’autre coté du pont de l’Accadémia se trouve le Palais Cavelli Franchetti. (Lions sur pilier), construit pendant la seconde moitié du XVI siècle
(cinq baies d’arcatures entrecroisés,
motif quadrilobés,) transformé à la fin du XIXème siècle par Camille Boito.
La gondole
Cette embarcation typiquement
vénitienne est capable de pivoter sur son axe, ainsi peut naviguer aisément sur
les canaux. Sa forme asymétrique compense la rame unique .Cette rame est calée
dans un tolet (forcola) et permet huit positions différentes. La gondole est construite dans les squeri, ateliers
installés au bord de l’eau .La fabrication est très complexe et demande une
bonne formation de charpentier. Cette technique date de 1880. Deux cents quatre
vingt pièces sont taillés dans neuf types de bois différents .Pour achever
l’ouvrage, sept couches de laque noire protègent la coque. La fabrication
d’ une gondole demande trois mois de
travail Les artisans conservent le secrets de ce métier, et conservent le
respect des traditions ancestrales.
Le Ferro, figure de proue
de la gondole, est tout un symbole. Les six dents d’un coté représentent les
six quartiers de Venise et la septième dent en regard, l’île de la Guidecca .
Une légende nous raconte que les
gondoliers ont les pieds palmés (en plus d’être des beaux garçons), pour
pouvoir marcher sur l’eau .Mais n’auraient ils pas plutôt mangés trop de
canards ? Ils avaient l’habitude de chasser ce palmipède dans la lagune
comme on peut le voir sur un tableau de
Pietro Longhi .du XVIII ème siècle. Le costume traditionnel du gondolier est
composé d’un pull rayé, d’un pantalon
noir et un chapeau de paille avec un ruban rouge pour un Nicolotto ou bleu pour
un Castellano.

squero San Trovaso
Avis :
Le premier dimanche de septembre a
lieu la Ragata Storica , une course de gondoles à deux rames .

Le Doge
Le mot doge vient du latin dux (duc)
.A l’origine, Venise (naissante) était placée sous l’autorité d’un duc
byzantin, en 726 : ORSO 1er.
Le
Doge préside à tous les conseils, obtenant ainsi, une information complète de
toutes les délibérations .Il préside également
le gouvernement, la Seigneurie, le Collège et le Sénat (dont il est issu).
Sa
fonction est la charge publique la
plus enviée par la noblesse, avec l’espoir d’une brillante fin de carrière et
la récompense d’un homme sage, valeureux, vertueux et prudent .Au centre de
toutes les fêtes civiques et religieuses, il est présent pour la grandeur de Venise .Il ne possède pas
de pouvoir personnel car Venise est une république aristocratique où le pouvoir
appartient collectivement à tous les
plus riches et les plus nobles.
Le
Doge est le symbole vivant de pouvoir de
l’aristocratie qui, après l’avoir élu, peut le défaire, et il est soumis à un serment strict.
On dénombre 118 doges avant que
Bonaparte ne supprime la fonction le 12 mai 1797.Le dernier fut Ludovico Manin,
doge de 1789 à 1797.
Marino Faliero fut exécuté en 1355
pour avoir fomenté une insurrection.
Francesco Foscarini vécut le dogat le plus long de 1423 à 1457 soit
trente quatre ans.
Depuis l’an Mil, Venise confirmait
tous les ans ses épousailles avec la mer, le jour de l’Ascension (Sensa) .Une procession se dirigeait depuis la Place
San Marco jusqu’à Lido et le doge, embarqué sur sa galère d’apparat appelée le Bucentaure,
jetait un anneau nuptial d’or dans la mer.
Riva Degli Schiavoni
Le quai qui part depuis la
piazzetta et court vers l’arsenal fut nommé ainsi par les marchands dalmates (Slaves)
.Leurs navires de commerce accostaient sur cette rive.
Le palais Contarini
del Bolvolo.
Niché au détour d’étroites
ruelles, ce palais est savoureux mélange de style gothique et renaissance. Son
escalier en colimaçon lui a donné ce nom de bovolo qui se traduit par escargot.
Le Pont de Soupirs ou
Ponte dei Sospiri .
Ce très célèbre pont a été
construit vers 1600, par Antonio Contino. Il doit son nom aux plaintes des
prisonniers qui venaient jugés par la Quarantia criminal ou par un autre
tribunal et que l’on conduisait aux cachots. En effet, le pont relie le palais
des Doges aux Prisons Neuves érigées par Antonio Da Ponte en 1566 .Certains
prétendent que les détenus soupiraient non seulement après leur liberté perdue
mais aussi parce que, pour la plus grand nombre, c’était leur dernier regard
sur la lagune, à travers le treillage sculpté dans le marbre du pont .Qui parle de romantisme ?

Le Danieli
Ce fameux Palace de style gothique
était à l’origine le palais de Dandolo, construit au XVème siècle.
Il est transformé en hôtel en 1822
et déjà hébergeait quelques célébrités tels que Ch. Dickens, G. Sand. Une
annexe a été rajoutée en 1948, dont le style est très critiqué. (Sans
commentaires !) 
Le Ghetto : histoire d’un quartier de Venise
Au début du XIVème, Venise
autorise les juifs à pratiquer du commerce. Des conditions restrictives leur étaient imposées pour
préserver le monopole des marchands vénitiens et ils ne pouvaient pas habiter à
Venise .Au XV ème siècle, un juif ne pouvait pas séjourner plus que 15 jours
par an.
En 1516, manquant d’argent, la ville accueille ce
peuple pour profiter de leurs capitaux. Un
quartier leur est attribué sur un îlot insalubre où étaient installés les
fonderies (geto en langue vénitienne, du verbe getta, fondre), .Les fenêtres
donnant sur les canaux étaient bouchées. Deux ponts permettaient d’y accéder et
ces entrées étaient gardées le soir, coupant ainsi, l’îlot de la ville
(principe même du ghetto).
Les juifs pouvaient exercer la
profession de préteur sur gages .Le Palais des Doges avait fixé le taux
d’intérêt à 5%. Le ghetto devint prospère mais Venise renforça les interdits
.Un mur fut construit et les juifs ne pouvaient sortir du quartier que s’ils
portaient des signes distinctifs pour être facilement reconnus. Par exemple, le
jours ils devaient se couvrir d’un grand chapeau jaune ou rouge .La nuit, ils
leur étaient totalement interdit de
sortir de leur quartier. Mais, à cette époque, dans une Europe antisémite, la
vie d’un juif à Venise était quasi normale.
D’autres communautés juives
affluèrent vers Venise .La ville
refusant d’élargir le territoire alloué, des bâtiments de six étages furent
construits alors qu’ailleurs, trois étages
étaient un maximum.
En 1797, Bonaparte ouvre les
portes du Getto.
Avec l’unité italienne, au XIXeme siècle, le peuple juif
obtient les droits des Vénitiens .Les lois raciales de Mussolini videra le
ghetto. Les personnes qui n’avaient pas pris la fuite, furent déportées dans les camps de concentrations.
Aujourd’hui on peut visiter un musée d’art Hébraïque et cinq synagogues
rappellent la religion de ce peuple.
La Place San Marco
Ses dimensions :
175,70m de longueur
56 m de large à l’ouest
82 m de large à l’est,
du coté de la basilique.
Les trois candélabres, face à la
Basilique, sont l’œuvre d’Alexandre Léopardi qui les exécuta en 1505.
La hauteur du Campanile est de 98,60 mètres. Il
faisait office de phare pour guider les marins et repérer la ville.
Un supplice du Moyen Age :
des condamnés était hissés à mi hauteur environ du bâtiment, dans des cages,
appelées Cheba, et y restaient pendant des longues semaines ou jusqu’à ce que mort s’en suive.
Ses 5 cloches et leur fonction
La
Marangona : début et fin du travail
Le
Maléfico : annonce des exécutions
La
Nona : sonnait midi
La
Mezzaterza , convocations des sénateurs au palais ducal
La
Trottiera : signal d’un e nouvelle séance du Conseil.
La Logetta, au pied du Campanile,
construite au XVIème siècle (1540), ornée de bas relief glorifiant la République.
Il s’effondra le 1er Juillet 1902, sans causer de dégâts à la basilique et
sans victime. Seule, la Logetta fut détruite. Il fut décidé, sans attendre de
les reconstruire à l’identique et en utilisant le plus possible les éléments
d’origine.
Depuis 1962, un ascenseur permet
d’atteindre le sommet.
Bonaparte aurait dit que la place
Saint Marc est « le plus beau salon du
monde »
Les nouvelles Procuraties ont été édifiées en
1582. Le Procurateur était un haut fonctionnaire, magistrat nommé à vie qui
administrait les biens de la basilique.
En face de San Marco, la Fabbrica
Nuova, construite en 1810, sous l’impulsion de Napoléon, a nécessité la
destruction de l’église San Germiniano. Actuellement y est installé le musée
Correr. Quatorze statues d’empereurs décorent la façade, celle de Napoléon a
été retirée.
La Basilique Saint
MARC
A l’intérieur, les
murs sont recouverts de mosaïque (4 000
m²) sur fond d’or exécuté du XIIeme au
XIV ème siècle D’inspiration orientale, elles retracent des
scènes de l’Ancien et de Nouveau Testament ainsi que la vie du Christ.
Consacrée en 1094, elle a été
édifiée en forme de croix grecque et surmontée de cinq coupoles de style byzantin. Des flèches, sculptures,
clochetons, statues et pinacles recouvrent le toit de la basilique, réunissant
ainsi les trois religions : juive
musulman et chrétienne. Le nom de son architecte est inconnu.
Le musée possède de nombreux
trésors dont les quatre chevaux de bronze, rapportés de Constantinople en
1204.Ils ont fait un séjour à Paris sur l’arc de triomphe du carrousel de 1797
à 1815, puis revinrent à Venise .Ils ont été retirés de la façade pour les protéger de la
pollution .Les modèles que vous pouvez
admirer depuis la place Saint Marc sont des copies.
Sestriere, de l’italien : un seizième (1/16)
La ville est divisée en six SESTIERI qui étaient à l’origine des
subdivisions administratives :
San Marco, San Paolo, Cannareigio,
Santa Croce, Dorsoduro et Castello.
Six conseillers du Doge représentaient chacun un
sestiere, ce qui explique pourquoi les
maisons de praticiens ne sont pas toutes au Centre Ville.
San Marco est le centre historique,
San Paolo, le centre d’activité commercial
Dans Cannareigio se trouvent les maisons
du Titien et de Marco Polo, près de l’Eglise Santa Maria dei Miracoli.
Le nom de Castello vient d’une forteresse
du VIIIème siècle .Au XIIIème siècle, les ordres franciscains et dominicains
ont demandés d’assécher les marécages et construisirent l’église Santi Giovanni
e Paolo, de style gothique en briques rouges. Vingt cinq doges y ont leurs
sépultures.
La Scuola est une institution puissante. Ces
confréries, propre à Venise, fonctionnent avec un réseau d’assistance, d’aide aux malades et aux
pauvres. Leur siège est composé d’une salle de réunion, chapelle et parfois
d’un hospice. Elles sont nées du besoin d’assistance et de secours mutuels.
Chaque scuola est rattachée à une église où à un monastère dont elle porte le
nom.
Lista : bordure
C’est une partie délimitée de rue, située
devant une ambassade jouissant de l’exterritorialité.
Sotoportego : passage ouvert
Palazzo : ce mot n’est employé
que pour désigner le Palais des Doges. Les palais des gentilshommes n’ont droit
qu’au terme de Casa ou Ca’ (abréviation de maison) .A Venise, il n’existe qu’une
seule Piazza, celle de San Marco ; les autres places sont des campo ou
campiello, selon leur dimensions. Il n’y
a pas de rues à Venise mais des calle ou
rio que l’on peut traduire par ruelle (calli et rii, au pluriel).
Zattere (radeaux), un quartier de Venise
La fondamento delle Zattere, sur le canal
de la Guidecca était le point de débarquement des bois.
Zattere était le quartier des Jésuates
(Gesuati), qui soignaient les malades .Cet ordre religieux a été fondé au XIVe
siècle par Jean Colombini (1360) et fut supprimé
en 1668 par Clément IX.
L’église des Gesuati construite par Giogio
Massari , abrite de magnifiques peintures .Sa façade néoclassique rococo est de
style palladien.
Saint Marc fonda l’église
d’Alexandrie .Envoyé en Egypte à Aquilée
pour prêcher l’évangile, il fut surpris par une tempête qui le jeta sur les
rives rialtines .Un ange lui apparu et lui souffla : « Pax tibi,
Marce, evangelista meus », ce qui se traduit par « Paix à toi, Marc
mon évangéliste ».
En 828, Rustico de Torcello et
Buono de Malamocco commerçaient à Alexandrie, en dépit de l’interdiction de Byzance
.Ayant gagné la confiance du gardien du temple où reposait la sépulture de
Saint Marc, ils enlevèrent le corps et le cachèrent dans un panier recouvert de
légumes et de morceaux de porc , dans le but de dissuader les musulmans
d’inspecter leur chargement .Arrivés dans la cité des doges ,devant la relique
, les vénitiens mirent de coté Saint Théodore et prirent Saint Marc pour
nouveau patron de leur ville . Théodore ne fut pas totalement oublié puisqu’il trône
sur des deux colonnes de la piazetta accompagné des son crocodile.

Les Tétrarques :située à droite
de la basilique près de la « porta della carta » du palais de
doges ,cette statue du IVème siècle en
porphyre rouge représente quatre hommes qui auraient dirigé l’empire
Romain au IIIème siècle , revenant de St
Jean d’Acre, se jurent fidélité. Les vénitiens en ont fait une légende qui
conte l’histoire de 4 pirates maures qui furent pétrifiés pour avoir voulu enlever les
reliques de Saint Marc ainsi que les trésors de la Basilique.
Les deux piliers carrés à
proximité ont été rapportés de Saint Jean D’acre.
Le Palais des Doges.
Ou Palazzo ducale.
(….Juste quelques brides
d’informations ….le sujet est largement évoqué dans les guides
touristiques !)
La porta della carta ou porte du
papier est nommée ainsi soit parce qu’elle donne accès aux archives du palais
ou parce que les écrivains publics s’installaient à proximité. La sculpture
représente le doge Foscarini s’agenouillant devant le lion de Venise. Elle fut
détruite en 1797 et reproduite à l’original au XIXème siècle.

La Fenice.
La Fenice est le théâtre lyrique
de Venise. Il fut détruit par le feu au XVIIIème siècle. En 1792, il fut
reconstruit et ses propriétaires le rebaptisèrent Fenice comme le Phoenix,
oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Il brûlera à nouveau en 1836, et
plus dernièrement en 1996. En 2004, il est de nouveau prêt à accueillir les
plus grands artistes de l’art lyrique.
La Traviata de Verdi a été donné
pour la première fois dans ce fabuleux théâtre.
Le Grand Canal
Dénommé également Canal Grande,Canalazzo
ou Canalasso, il serpente sur quatre
kilomètres .Sa largeur peut varier de cinquante à soixante dix mètres .Sa
profondeur est de cinq mètres vingt. Sur ses berges, sont installés deux cents
palais aux styles variés : gothique, byzantin, renaissance, baroque ou
néoclassique. Jusqu’en 1264, il n’existait pas de pont pour sa traversée .et
des barques étaient utilisées.
Le premier pont du
Rialto
était
en bois et s’appelait alors, Ponte della Moneta (pont de la monnaie).En 1450,
il fut remplacé par un pont-levis central, puis de 1588 à 1592 on construisit
le pont actuel en pierre d’Istrie avec ses trois passages avec des boutiques en
son allée centrale. Son architecte s’appelait Antonio da Ponte (et c’est un
hasard). Il avait pourtant des adversaires de renom face à lui lors des propositions de
plan : Palladio, Sansovino, Michel Ange.
Plus de cent palais bordent le
Grand Canal. Avant le XVème siècle, les palais servaient d’entrepôts
de marchandises venues d’orient .L’agencement de la maison s’organisait avec au
rez de chaussée les entrepôts, au premier étage, les pièces de réception et au
deuxième étage, les appartements privés. Sous les combles logeaient les
domestiques. Le palais vénitien est donc magasin et résidence à la fois, avec
deux entrées, une sur l’eau et une autre sur terre qui conduit vers un cour
avec un puits. L’entrée sur l’eau mène à l’androme, une sorte d’atrium bordé d’entrepôts.
A l’étage on trouve le « piano nobile » et le portégo, sorte de salon
central d’apparat pour les réceptions.
La Ca d’oro fut bâtie entre 1422
et 1434 pour le procureur de Saint Marc, Marino Contarini.A l’origine, des
dorures ornaient la façade d’où son nom de « maison en or ». Sa
dernière restauration date de 1845-1850.Aujourd’hui, la galerie Franchetti
expose une collection d’œuvres de Titien, Carpaccio et Bellini entres autres.
La Palais Vendramin
Calergi
accueille aujourd’hui le Casino Municipal. Il fut édifié en 1481 et une aile
supplémentaire date du XVIIème siècle. Il possède un jardin, un des rares qui
donnent sur le Grand Canal .Richard Wagner y mourut en 1883.
Le palais Ca’ Dario, dessiné par Pietro
Lombardi et orné de marbres polychromes, fut construit par un dalmate Giovanni
Dario. Ne vous y fiez pas : les propriétaires successifs semblent subir
une malédiction qui pèse sur ce palais .Faillite, suicide, mort violente
ou de chagrin, assassinat, et cela depuis le début de sa construction. Bizarre
autant qu’étrange !
Le Palais Venier dei Leoni est un palais
inachevé de 1749. Iil est nommé aussi « palazzo non finito » .Il devait
s’élever sur quatre étages et un seul a
été bâti.Son nom serait dû au fait que les Venier aurait gardé un lion dans la
cour intérieur.
En 1949, Peggy Guggenheim le
rachète pour le transformer en musée d’Art Moderne.

P’tit coup de griffe
sur la société d’Antan
Mais, nul n’est parfait ……
Au XVIème siècle, Venise
dénombrait 11 000 prostitués pour 100 000 habitants .La vertu n’était
pas l’apogée des femmes.
En 1582, 147 mendiants furent recensés.
Smerdariol
A-t-il seulement vraiment
existé ?
On raconte qu’il était vêtu d’une grande cape
noire sous laquelle il cachait un seau, aujourd’hui on ajouterait …hygiénique. Il musardait dans les rues,
ainsi accoutré et rendait service aux riches en besoin de soulager leur nature
pressante, sa cape masquant le fait .Il était rétribué de fameux pourboires ,ce
qui lui permettait de vivre en toute dignité .
En 1606, le pape a excommunié
toute la ville de Venise. La Sérénissime avait osé sanctionner deux prêtres
coupables de délits. Venise jugeant la décision papale illégale, se rebelle et
affirme ainsi son indépendance face au Vatican.

San Sebastino.
Cette petite église du XVIème
siècle n’avait pas grand intérêt jusqu’à ce que Véronèse vienne y décorer la
sacristie, les plafonds, peints les maîtres autels, les panneaux d’orgue.
L’ouvrage ayant été exécuté entre 1556 et 1558. Le peintre y est enterré en
1588.
Marco Polo : une
figure de Venise.
Niccolo et Matteo Polo, deux
frères négociants prennent la mer en 1255 avec pour objectif de s’implanter à Constantinople.
En 1260, ils délaissent leur commerce autour de la mer Noire et leur voyage
jusqu’à Boukhara puis Cambaluc, autrement dit, Pekin. Là, ils rencontrent
Kubilay Khan, le petit fils de Gengis Khan .Suite à ce contact positif, ils
repartent porteurs d’un message pour le pape, invitant à envoyer d’autres
chrétiens en Chine. Et ils regagnent les rives de Venise en 1269.
En 1271, les frères Polo repartent
en expédition emmenant ave eux Marco, le fils de Niccolo alors âgé de 17 ans. Ils
voyagent jusqu’aux confins de la Chine et arrivent à Ganzhou, découvrant le
bouddhisme. Le jeune Marco est ébloui par un tel périple qui va les transporter jusqu’à Sangdhu, la
résidence du Grand Khân.
Le maître de l’empire mongol prend
Marco sous sa protection lui livrant des missions de confiance. Les Frères
Polo, pendant ce temps reprennent leur négoce. Le séjour de Marco durera 17
ans, où il prendra note de son voyage au cœur d’une civilisation qu’il pense
bien avancée. A son retour dans la Sérénissime, il rapporte parmi ses trésors,
l’invention du papier monnaie.
Marco Polo deviendra un riche
bourgeois et membre du Grand Conseil .Il
décédera en 1324, âgé de 70 ans dans la maison familiale, la « Corte del
Milione » dans le quartier de Cannareigio.
Santa Maria Gloriosa
dei Frari.
C’est la plus grande église
gothique de Venise .Le compositeur Montéverdi y est enterré avec d’autres
personnages importants de la ville.
Murano
L’industrie du Verre y est
florissante dès le XI ème siècle .En 1292, le Grand Conseil décrète
l’établissement des fabriques et fourneaux, installés alors au Rialto, dans l’île voisine de Murano, dans le
but d’éviter les incendies. L’industrie du verre fut importée par des ouvriers
byzantins. Les secrets de fabrications sont sévèrement conservés. A celui qui
avait trahi, la condamnation était la spoliation des biens et dans le cas de
haute trahison, la peine de mort.
Casanova : une
image célèbre.
Ce personnage vénitien est plutôt connu
pour son succès auprès de dames, pourtant il a eu une vie aventurière pleine de rebondissement
.Giacomo Girolamo est né le 2 avril 1725 à Venise d’une mère comédienne et suit
ses études à Padoue. Il devient secrétaire de cardinal à Rome, enseigne de
vaisseau à Corfou. De retour à Venise à l’age de 20 ans, il est le confident du
sénateur Bragadin et devient son homme de confiance. Accusé de viol,
escroquerie et magie, il fuit et parcourt l’Europe .A Lyon, il reçoit la
lumière maçonnique .De retour Venise en 1755 , il est arrêté le 26 juillet de
la même année. Il est incarcéré sous les plombs , fameuses prisons du palais de
doges situées sous les toits .Condamné pour cinq ans , il est accusé
d’ « homme fécond en cabales, habitué à vivre aux dépens d’autrui ,
ami du libertinage et grand jouer de cartes » . Il s’évade le 1er
novembre 1756 et reprend sa course à travers l’Europe. Au passage, il est chassé
de Paris pour y avoir introduit le
lotto. Après avoir obtenu la grâce de l’inquisiteur, il regagne Venise en 1774
et devient agent secret au service de l’Etat. Suite à la publication d’un
pamphlet, il doit fuir à nouveau et recommence ses pérégrinations .En 1785, il
rencontre le comte de Waldstein féru de
magie .Ce bienfaiteur l’emmène dans sa demeure en Bohème et en fait son
bibliothécaire. Casanova décédera le 4 juin 1798, au milieu des grimoires.
Historia Spécial Juin 1996
Guide historique et culturel de
Venise Larousse 1988
Venise de M. Brion, Ed Albin
Michel 1962
Venise Ed. Artoria 1987
Guide Fondamental
Routard.com
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